Consentement général à l’adoption dès la naissance de l’enfant

Consentement général à l’adoption dès la naissance de l’enfant

Le consentement réfère plus souvent aux situations de mères désirant confier à l’adoption leur enfant dès la naissance. Depuis les dernières années, ces situations sont plus rares mais elles existent.

Voici les statistiques régionales des 3 dernières années concernant le consentement à l’adoption dès la naissance de l’enfant :

  • Depuis 2015 : 4 situations de bébés naissants
  • Depuis 2014 : 1 situation de bébé naissant
  • Depuis 2013 : 2 situations de bébés naissants

Ces mères sont généralement âgées entre 18 ans et 30 ans. Elles se retrouvent dans des conditions économiques précaires. La grossesse est rarement planifiée et il y a eu peu ou pas de suivi de grossesse. Il y a une absence de conjoint (relation de très courte durée/pas de père) ou une certaine instabilité dans les relations affectives. Elles ont peu de réseau social. A cette étape de leur vie, l’enfant ne fait pas partie de son projet de vie. Elles ont entamé une réflexion quant à leur décision de confier leur enfant à l’adoption dès la naissance. Au centre hospitalier, elles verbalisent ne pas vouloir garder l’enfant.

 Où ces mères enceintes peuvent demander de l’aide ?

Les CLSC peuvent accompagner ces mères enceintes tout au long de leur grossesse quant à leurs préoccupations face à leur situation. Elles peuvent être accompagnées, rassurées, écoutées dans la gamme d’émotions qu’elles traversent. Lorsque la décision de confier à l’adoption est maintenue et que la mère se questionne sur ce qui va se passer, un lien peut être effectué, avant l’accouchement, avec nos services de la protection de la jeunesse. Ainsi, la mère, le père (si connu), l’intervenant du DPJ (directeur de la protection de la jeunesse) se rencontreront.

La réalité nous amène toutefois à constater que c’est plus souvent à la naissance de l’enfant que nous sommes appelés à intervenir comme DPJ. La mère verbalise alors au personnel hospitalier son désir de confier son enfant à l’adoption et demande quelles sont les procédures à suivre. Un accompagnement est immédiatement effectué par un intervenant du DPJ afin d’entreprendre une démarche avec celle-ci.

La démarche se veut humanisée considérant la gamme d’émotions que traverse la jeune mère. L’importance du non jugement, l’accompagnement dans sa réflexion et la suggestion cette dernière d’être accompagnée par une personne de confiance (ex : amie, mère) tout au long de la démarche, font partie de nos valeurs.

Concrètement, cela signifie que, suite à l’information reçu par le DPJ, un intervenant rencontre à quelques reprises la mère dans le but de prendre le temps d’entendre sa réflexion, de s’assurer que cela vient d’elle, d’inventorier s’il y a un père et si oui, de l’impliquer dans la démarche. Notre intervention repose donc sur l’importance d’un consentement libre et éclairé avant de recevoir le consentement général à l’adoption. Ce consentement sera pris en présence de la mère, du père (si connu), de l’intervenant et du réviseur ainsi que d’une personne significative pour la mère, si elle le désire.

Considérant, tout ce que cela peut lui faire vivre, nous avons le souci d’orienter celle-ci vers des services dans la communauté, si elle le désire, afin de continuer à être supportée.