La traumatologie… un vaste univers à découvrir, à comprendre…

Publié le 11 décembre 2018 La santé près de chez vous

La traumatologie… un vaste univers à découvrir, à comprendre…

Les blessures traumatiques sont la principale cause d’incapacité et de mortalité chez les moins de 49 ans. Du jour au lendemain notre vie peut basculer en raison d’un traumatisme…

Comment expliquer ce terme médical qui fait tant parler les statistiques chaque année?

Un traumatisme ou « trauma »,  c’est toute blessure physique qu’une personne subit à la suite d’un choc, d’un coup, d’une pression. Cette blessure peut être volontaire ou accidentelle.

Des exemples de traumatismes pourraient être un accident d’auto ou de vélo, une blessure par balle, une chute, une brûlure, etc.

Il s’agit d’une blessure grave, qui peut mettre en danger la vie de la personne et qui requiert une intervention rapide.

Au cœur d’un trauma, il y a la victime, son entourage et l’ensemble des intervenants de santé et service sociaux qui se mettent en action. Tous travaillent en étroite collaboration pour assurer la meilleure prise en charge du traumatisé.

Sauver la victime et tenter de lui redonner une vie normale, c’est la priorité des premiers répondants, du personnel hospitalier, des intervenants en réadaptation et les nombreuses autres équipes impliquées dans le processus de rétablissement.  

Une vie renversée

Une infirmière victime d’un grave accident

Photo de Francine Lefebvre
Francine Lefebvre, infirmière en neurochirurgie à l’hôpital de Trois-Rivières était loin de se douter que le 29 juillet 2014, allait être une journée marquante. En une fraction de seconde, sa vie s’est renversée lors d’une simple balade en vélo avec des amis.
«Après mes quarts de travail, j’avais l’habitude de faire du vélo de route. C’était une façon d’évacuer mon stress et de me tenir en forme. Cette journée-là, une automobile m’a heurtée et j’ai été gravement blessée.»
Elle, qui pendant sa carrière professionnelle a accompagné et traité de nombreux patients victimes de traumatisme, devait, à son tour, traverser une véritable tempête.
 À son arrivée à l’hôpital, le bilan était pour le moins inquiétant : de multiples fractures, un pneumothorax et un traumatisme crânien.
Malgré la gravité des dommages sur le plan physique et psychologique, elle réussit à s’en sortir. Francine a amorcé un long processus de réadaptation. «J’ai été à l’hôpital pendant près de 3 mois. J’ai travaillé avec des équipes formidables tant à l’interne, qu’à l’externe ce qui m’a énormément aidé à me rétablir.»
Pour recouvrer la santé, Francine  a dû passer par les nombreuses phases de la guérison. Près d’un an après son accident elle a amorcé la dernière étape de ce long processus. Francine a rencontré un neuropsychologue afin de déterminer si un retour au travail était envisageable. Malgré toute sa bonne volonté et sa détermination, les résultats des tests ce sont avérés non concluants et le verdict d’invalidité est tombé.
Heureuse d’être entourée des siens, d’avoir retrouvé une grande part d’autonomie, elle sourit à la vie. «Même si j’ai besoin de beaucoup de repos et que ma concentration ainsi que ma mémoire à court terme sont affectées,  je demeure tout de même active. Je fais du vélo régulièrement en me disant que ce triste épisode est derrière moi. J’ai eu une chance extraordinaire d’être entourée d’équipes dévouées et compétentes. Je poursuis donc mon petit bonhomme de chemin en me disant que chaque jour est un cadeau. »

Quelques statistiques :

  • Grâce à plusieurs actions en prévention, le taux de mortalité lié aux tramas a chuté de 51,8% à 2,5%, de 1992 à 2007.
  • Les recherches démontrent que 90% des blessures non intentionnelles auraient pu être prévenues et évitées.
  • Les traumatismes crâniens et de la colonne s’avèrent couramment les plus complexes à traiter et nécessitent le plus grand nombre de jours d'hospitalisation.
  • Pour la région de la Mauricie et du Centre-du-Québec, les chutes et les accidents de véhicule à moteur sont responsables des blessures les plus courantes.
  • Quatre centres hospitaliers de notre région sont identifiés pour recevoir les victimes de traumatisme, dont notamment le Centre hospitalier affilié universitaire régional (CHAUR) pour l’accueil de blessés crâniens.
  • Au Québec, 2 centres d’expertise sont identifiés pour recevoir les victimes de brûlures graves. Ceux-ci répondent aux besoins d’environ 200 victimes annuellement.

Marcel Rheault,
Coordonnateur – Urgence et traumatologie


Sources :

  • L’INESSS, Continuum de services en traumatologie, 2015.
  • L’INESSS, Bilan de qualité et de performance en traumatologie 2013-2016 : Centre hospitalier affilié universitaire régional (CHAUR).
  • Centre universitaire de santé McGill, site web.