Mon fils, ce héros!

Publié le 14 avril 2019 Mieux vaut prévenir

Mon fils, ce héros!

Le 13 octobre 2015, une belle journée s’annonce. Je rentre au travail de bonne humeur jusqu’à ce que je reçoive un appel à 8 h 30. Vous savez, le fameux téléphone que tous les parents redoutent. Je l’ai eu. C’était le père de mon fils Mikaël qui m’annonçait que notre garçon avait eu un grave accident de la route et qu’il avait été transféré à l’Hôpital du Sacré-Cœur.

Le temps s’est comme arrêté, mais tout va très vite en réalité.

Nous prenons la route en direction de Montréal. Dès notre arrivée, une infirmière nous accueille et nous installe dans une petite pièce. On est inquiets parce qu’on ne sait pas trop ce qui se passe. Toutes les possibilités défilent dans nos têtes. Le médecin est alors venu nous voir pour nous dire que Mikaël était stabilisé et qu’il devait passer des tests. On ne se souvient plus de combien de temps on a attendu… on a perdu la notion du temps. Le médecin est revenu nous parler pour nous annoncer que Mikaël avait perdu 90 % de l’utilisation de son cerveau. Notre fils glissait lentement vers une mort cérébrale et il allait donc mourir dans les heures qui suivent. Il était maintenu en vie artificiellement. Alors que notre monde s’écroulait, le temps, lui, était précieux. Avec délicatesse, accueil et respect, l’équipe médicale nous a donné des explications sur la situation, nous a écouté et a répondu à nos questions avant d’aborder la question du don d’organes et de tissus. Notre fils répondait à tous les critères d’un donneur potentiel.

C’est à ce moment que les paroles de Mikaël ont résonné dans mon esprit : « Maman, s’il m’arrive quelque chose, je veux donner mes organes. » Nous en avions justement parlé ensemble lors d’un souper quelques semaines avant. Dans les minutes qui ont suivi, malgré la perte, la peine et la douleur, nous avons donné notre accord. Nous avons décidé de respecter son souhait. Plutôt que de se concentrer sur la tragédie, on a essayé de penser au côté positif, Mikaël allait faire un geste héroïque : redonner la vie!

Tout s’est ensuite précipité. Mikaël a finalement pu donner 7 organes (ses deux poumons, son cœur, ses deux reins, son foie et son pancréas) à Transplant Québec. Certains tissus, dont la cornée, ont également été prélevés et envoyés à Héma-Québec.

Ça fait plus trois ans que notre fils est décédé, il nous manque énormément, mais nous sommes fiers de lui, de sa générosité, et de notre décision.

C’est nourrissant et gratifiant!

Pas besoin d’avoir de supers pouvoirs pour être un héros

Comme vous venez de le lire dans ce témoignage de Mme Lyne Turgeon, mère de Mikaël, usagère-partenaire et représentante des familles de donneurs de notre établissement, chacun de nous peut devenir un héros. En ce sens, celle-ci rappelle d’ailleurs l’importance de signifier son consentement au don d’organes et de tissus et surtout de parler de notre décision en famille. « Signer sa carte c’est bien, mais en parler c’est mieux puisque ce sont les proches qui, au final, prennent la décision. J’invite les gens à ouvrir la discussion pour connaître ce qui est important pour eux, leurs valeurs, leurs dernières volontés… La mort fait partie de la vie, ce n’est pas évident quand des situations tragiques arrivent, mais tout l’amour qu’on porte à l’autre fait en sorte qu’on prend la meilleure décision. Il faut mettre notre souffrance de côté en pensant à toutes les personnes qu’on peut aider. Ça devient plus léger à porter. »

Avec plus de 800 personnes en attente d’une greffe au Québec, dont près de 40 personnes annuellement en Mauricie et au Centre-du-Québec, nous profitons de la semaine de sensibilisation au don d’organes et de tissus pour vous inviter à signifier votre accord en :

Pour de plus amples informations sur le sujet, visitez :

Julie Michaud, agente d’information
Merci spécial à Mme Turgeon pour son touchant témoignage