Intervenant en soins spirituels : pas une affaire de religion

Publié le 2 août 2019 Ça va bien aller...

Intervenant en soins spirituels : pas une affaire de religion

L’intervention en soins spirituels est une profession qui a changé au fil du temps avec l’évolution de la société. Autrefois, on disait aumônier ou animateur de pastorale. Ce rôle était souvent confié à des personnes mandatées par des religions, mais avec notre société de plus en plus laïque, cette fonction s’est élargie et les intervenants en soins spirituels en sont nés.

Luc Dessureault accomplit ce travail au Centre de services du Haut Saint-Maurice depuis quelques années. Son rôle? Accompagner les personnes dans leur quête de sens notamment pendant une période parfois bien difficile : la fin de vie. Luc Dessureault est comme un spécialiste du processus du deuil. Il est présent auprès des personnes et leur famille en hébergement, mais aussi en médecine et en soins palliatifs, il soutient les aidants naturels qui doivent apprivoiser les pertes physiques
et cognitives de leur proche et traverser différentes étapes du processus du deuil,
soit les phases de choc, du déni, de colère, de résilience, d’acceptation et puis le
retour à l’équilibre.

« Au niveau personnel, accompagner les personnes et leur famille ainsi que les aidants naturels dans la perte d'autonomie et à travers le processus du deuil me conforte dans la capacité d’empathie de l'être humain qui développe la résilience, la solidarité et le sens du don de soi malgré les peines et les difficultés. C’est un message de compassion et de courage qui me nourrit à tous les niveaux. Le dévouement du personnel est aussi un témoignage fort de la capacité de bienveillance qui est au cœur de toute approche des soins dans une perspective globale et humaniste. »   - Luc

Alors que les familles vivent souvent des inquiétudes face aux grands changements, Luc utilise le rituel, la méditation, la présence compatissante et d’autres approches adaptées selon les besoins des personnes afin de les soutenir moralement  ainsi qu’au niveau spirituel.

Trouver ses ressources intérieures

Le champ de pratique de Luc Dessureault s’inscrit dans une approche humaniste, chaleureuse et rassurante où il encourage les personnes et leurs proches à découvrir leurs ressources personnelles et spirituelles et à les utiliser pour surmonter les moments difficiles. Ces ressources peuvent provenir de croyances et traditions religieuses ou d’une spiritualité sans lien avec une religion précise qui s’inspire de divers courants ou philosophies, des valeurs apprises ou transmises au fil du temps.

« Le plus difficile reste la douleur des personnes et de leurs proches devant les multiples pertes de la personne aimée. Nous sommes confrontés au deuil au quotidien, la solitude et la mort éventuelle qui arrive inévitablement et il faut redécouvrir en soi ses propres forces, accepter sa propre vulnérabilité et développer un esprit empreint d’humilité, une présence gratuite qui se veut rassurante et compatissante tout en respectant la personne dans son cheminement. »   

Une quête de sens

Le temps de la maladie est souvent une occasion de faire un bilan de sa vie et d’aborder une quête de sens, même si parfois on a l’impression que notre vie bascule dans l’absurde, dans l’insignifiance ou dans l’inutilité. Luc Dessureault respecte la dignité profonde et les limites de chacun. « L’accompagnement spirituel, c’est un cheminement intérieur qui recherche cette quête de sens. C’est d’être à l’écoute, d’apprivoiser la fragilité de la personne dans toutes ses dimensions. » 

Quelles sont les bonnes qualités d’un intervenant en soins spirituels selon Luc?

« Je crois qu'il faut développer le sens de l'écoute, une présence discrète qui accepte d'accompagner dans l'humilité. Il faut accepter de cheminer avec les personnes dans une perspective d'apprivoisement de leur « moi » intérieur, de leur vulnérabilité. Il faut reconnaître que souvent, la personne en fin de vie est aussi un professeur de vie. »

François Côté, travailleur social
Centre de services du Haut-Saint-Maurice