La quête d’équilibre de Marie-Andrée, proche aidante

Publié le 8 novembre 2022 Portraits et témoignages

Marie-Andrée Roy a trois enfants, dont une fille vivant avec la maladie de la schizophrénie depuis l’âge de 18 ans. Jonglant entre l’itinérance et les ressources d’hébergement, cette dernière a toujours pu compter sur le soutien et l’accompagnement si précieux de sa mère, sa proche aidante.

Un véritable tsunami

Marie-Andrée a vécu tout un choc quand sa fille a commencé à se transformer sous ses yeux. « C’était une enfant tellement souriante, sociable et sensible. Elle avait un grand talent artistique, particulièrement en violoncelle. Des symptômes dépressifs sont apparus à l’adolescence. Quelques années plus tard, tout a basculé et ça m’a arraché le cœur ». Marie-Andrée, qui est mère monoparentale, réside à Nicolet. Elle visite sa fille, aujourd’hui âgée de 43 ans, à tous les mois dans son appartement supervisé à Montréal. « Elle m’apporte énormément. C’est une artiste au potentiel incroyable. Au-delà de la maladie, il y a un être humain, une personne douce et aimante composant avec une souffrance épuisante ». En plus d’établir et de soutenir un lien avec l’intervenante et l’équipe soignante de sa fille, Marie-Andrée accompagne aussi ses deux parents de 93 ans en perte d’autonomie. Ceux-ci demeurent toujours à leur domicile. Organisation des services avec le CLSC, écoute de leurs besoins physiques, émotionnels et spirituels, communication avec les membres de la famille… Marie-Andrée possède deux cartables : un au nom de sa fille, et un autre au nom de ses parents. Quotidiennement, elle veille sur ces êtres qui lui sont si chers.

Se reconnaître comme personne proche aidante et demander du soutien

Le parcours de Marie-Andrée fut exigeant, voire essoufflant. Cela lui a pris environ dix ans avant de réaliser ce qui se passait. « Je ressentais constamment de la culpabilité, j’ai également eu des problèmes de santé ». Heureusement, elle a demandé de l’aide et a obtenu beaucoup de soutien de la part d’organismes communautaires. Actuellement, elle reçoit des services de la Passerelle, organisme situé à Nicolet. « On a accès à des répits collectifs où on peut échanger entre proches aidants. On participe aussi à des activités comme des spectacles ou des déjeuners. On reçoit du soutien professionnel au besoin, pour se doter d’outils pour vivre plus paisiblement. C’est tellement facile d’être complètement happés par le quotidien. Les organismes nous amènent à trouver notre équilibre. »

L’importance de revenir à soi

Pour Marie-Andrée, il est essentiel, comme personne proche aidante, de s’accorder des moments pour soi, de répondre à ses propres besoins et d’avoir une bonne hygiène de vie. « Nous ne sommes pas des machines. Dans une société qui priorise la performance, l’être humain est trop souvent oublié. Pourtant, l’amour et la tendresse, c’est gratuit et cela guérit. » Malgré la souffrance de ses proches, Marie-Andrée trouve des moyens pour être heureuse. « Je choisis d’accepter mon quotidien et je souris à la vie. »

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